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Page:Grangé et Millaud - Les hannetons.pdf/11

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–––––Toujours (bis.) en chambre enfermé,
–––––––J’ai des accès, j’ai des quintes,
–––––––––––J’ai des quintes (bis.)
–––––––Et nul n’est sensible aux plaintes,
–––––––––––Sible aux plaintes (bis)
–––––––D’un printemps bien enrhumé !

Tout ça, c’est la faute de cette satanée lune rousse, mon ennemie intime… Oh ! cette lune rousse ! cette lune rousse !


LA LUNE ROUSSE, entrant par le fond.

Tu m’appelles ?


LE PRINTEMPS.

Voilà ma bête noire !


Scène IV

LE PRINTEMPS, LA LUNE ROUSSE.



LA LUNE ROUSSE, riant.

Ah ! ah ! ah ! ah !


LE PRINTEMPS, allant à la cheminée, et à part.

C’est elle… vite, remettons une bûche.


LA LUNE ROUSSE.

Là, je te prends encore à le plaindre de moi, ingrat !


LE PRINTEMPS.

Ah ! ingrat me plaît ! ingrat est joli ! ne faudrait-il pas encore te remercier ?


LA LUNE ROUSSE.

N’ai-je pas débuté en vous donnant quelques jours de chaleur ?


LE PRINTEMPS, avec ironie.

Oui, on rissolait, et maintenant on grelotte !


LA LUNE ROUSSE.

Écoute donc ! il est bien permis à la lune d’avoir des caprices.


LE PRINTEMPS.

Des caprices ! tout le monde s’en plaint de tes caprices !


LA LUNE ROUSSE, riant.

Pas les marchands de bois, toujours.


LE PRINTEMPS.

Moi qui voulais profiter de mon règne éphémère, pour aller à Paris voir les nouveautés de la saison et me payer un peu de bon temps !


LA LUNE ROUSSE.

Et qui t’en empêche ?


LE PRINTEMPS.

Toi, parbleu ! avec tes bourrasques !