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LE MIEL EST DOUX, ETC.

Décidément, c’est une idée ; continuons.

L’aurore aux doigts de rose, à l’horizon vermeil…

Le reste viendra bientôt… (il se gratte le front.) L’aurore aux

doigts de rose… (Il regarde le ciel.) à l’horizon vermeil

(Un bruit de pas se fait entendre.) La peste soit des fâcheux qui viennent m’interrompra ! Réfugions-nous derrière cette charmille ; j’y pourrai continuer en paix ce commencement de poëme épique.


(Il entre dans le bosquet. Surviennent un berger et une bergère.)


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Daphnis. — Pssst ! Pssst !

Chloé. — Qui m’appelle ?

Daphnis. — Ne me reconnaissez-vous pas ?

Chloé. — C’est vous, Daphnis ?

Daphnis. — Moi-même. L’épouse de Tithon vient à peine de quitter la couche de son vieil époux. Quel motif si important fait sortir si tôt la belle Chloé de sa demeure ?

Chloé. — Et vous-même, Daphnis, pourquoi courez-vous ainsi les champs à une pareille heure ?

Daphnis. — Hélas ! le sommeil a fui depuis longtemps mon chevet solitaire ; le soin de mes brebis ne me touche plus ; j’ai perdu l’appétit ; je suis malade.

Chloé. — Immolez un coq à Esculape.

Daphnis. — Esculape ne saurait me guérir.

Chloé. — Quelle est donc cette terrible maladie ?