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PLAIT SA MAROTTE.

Notre maître s’ennuie, donc il est malade. (Sensation.) Si mes faibles lumières ne me font pas défaut, le problème que nous sommes appelés à résoudre est celui-ci : étant donné un prince qui s’ennuie, quels sont les moyens les plus propres à le guérir ?

Une voix. — C’est cela.

De tous côtés. — Très-bien ! très-bien !

Le visir. — Je ne vous dissimulerai point, Messieurs et chers collègues, que notre tâche est grave ; mais avec l’aide du Prophète, nous la remplirons courageusement, ne demandant d’autre récompense que celle d’avoir sauvé le prince et l’état. (Acclamations prolongées.)


Après ce speech, les membres du conseil prirent la parole à leur tour. L’un proposa d’engager Schahriar à apprendre à jouer aux échecs ; l’autre demanda qu’on lui achetât sept ou huit Circassiennes, et davantage s’il le fallait ; celui-ci voulait qu’on fît venir d’Europe des montreurs d’ours et des danseurs de polka ; celui-là offrait d’ouvrir un théâtre où l’on jouerait la comédie et le vaudeville ; aucun de ces moyens n’obtint la majorité.

Le visir, se tournant vers Scheherazade, lui dit alors :

— Madame, soyez assez bonne pour nous donner votre opinion.

— Volontiers, répondit la sultane, écoutez-moi avec la plus grande attention. Il y avait non loin de Bagdad une chaumière habitée par un pauvre bucheron. Un jour un calender vint frapper à la porte.

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Nous supprimons le reste du conte, pour qu’on ne nous