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SAINCTONGE — SAINFOIN

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lledysarum coronanum.

SAINCTONGE (Louise-Geneviève Gillot, dame de), femme de lettres française, née en 1750, morte le 24 mars •1718. Elle a laissé une tragédie lyrique, Circé (1691), divers romans et des Poésies diverses (Dijon, -1714, 2 vol. in-12). — Son nom s’écrit aussi Saintonge : on ne sait rien de sa vie que son mariage.

SAINDOUX (V. Axonge).

SAINE (La). Rivière du dép. du Jura (V. ce mot, t. XXI, p. 313).

SAINFOIN. I. Botanique. — On donne le nom de Sainfoin à plusieurs plantes de la famille des Papilionacées appartenant à deux genres

différents : 1° Genre He-

dysarum (Sainfoin, Sa-

num fœnum) : Heurs

irrégulières etrésupinécs,

calice tuhuleux à 5 divi-

sions en alêne, presque

égales ; ailes très courtes

etauriculées ; carèneobli-

quement tronquée ; lOéta-

mines diadelphes a an-

thères uniformes ; ovaire

sessile pluriovulé ; Heurs

purpurines ou blanchâ-

tres, en épis ou en pani-

cules axillaires ou termi-

nales ; gousselisse. allon-

gée, tuberculeuse ou

épineuse, à plusieurs ar-

ticles indéhiscents, orbi-

culaires et monospermes.

Feuilles imparipennées

avec des stipules scarieu-

ses. Plantes herbacées vi-

vaces ou sous-abrisseaux.

2° Genre Onobrychis (Es-

parcette), caractérisé par sa gousse rugueuse, ailée ou inuriquée, à un seul article monosperme indéhiscent, arqué seulement sur la su-

ture externe ; fleurs

en grappes axillaires.

Feuilles imparipen-

nées avec stipules sou-

dées en une seule.

Plantes herbacées vi-

vaces.

IL Agriculture. —

1° Le genre Hedysa-

rum comprend une

cinquantaine d’espè-

ces appartenant toutes

au bassin méditer-

ranéen ; nos espèces

indigènes (Sainfoin en

tête, S. obscur, S.

humble, etc.) sont de

très petite taille et

sans importance au

point de vue agricole.

L’espèce H. corona-

rium (sainfoin cou-

ronné, S. d’Espagne,

Sulla, Italie), ori-

ginaire de l’Europe méridionale et du N. de l’Afrique, est seule cultivée en grand comme plante fourragère et comme plante d’ornement ; on a tenté inutilement de l’introduire dans le midi de la France, mais elle rend de grands senices en Italie, en Sicile, dans les lies Baléares, où on l’exploite depuis le xvni e siècle, et en Algérie où elle réussit parfaitement. Trois variétés principales sont en usage : Sulla à fleurs rouges, qui est le plus répandu ; Sulla d’Algfrie, très voisin du précédent, mais donnant Onobrychis sativa.

de meilleurs résultats ; Sulla vivace à fleurs blanches, utilisé pour les prairies permanentes. La graine germe difficilement et doit être ébouillantée ou décortiquée avant le semis ; on la sème au commencement de l’été avec une céréale et à raison de 100 à 120 kilogr. par hectare ; on peut faucher dès le mois de mars suivaut pour avoir du fourrage vert ; la coupe pour le séchage se fait à la fin de mai ; souvent on obtient une seconde coupe à la tin de l’été. La valeur nutritive du sulla est voisine de celle de la luzerne et, cette plante est très recherchée par les animaux, surtout par les chevaux et les mulets. — Pour la culture d’ornement (arbustes et plates bandes), on sème au printemps sur un terreau léger et on met en place quand les premières feuilles sont développées. 2° Toutes les espèces d’ 'Onobrychis (espèces indigènes : Esparcette des rochers, F. couchée, E. tôte-de-coq, E. crête-de-coq, etc.). peuvent être consommées par le bétail, mais une seule mérite d’être exploitée, YO. sativa, E. cultivée (vulg. sainfoin, Bourgogne, foin de Bourgogne, fenasse, chèpre, herbe éternelle, pela-grass, pellagra, etc.) ; elle croit spontanément dans les régions tempérées de l’Europe, mais sa culture semble avoir pris naissance dans le midi de la France, peut-être vers le xv e siècle (de Candolle) ; elle est aujourd’hui très importante en France, et nous ne lui consacrons pas moins de 700.000 à 730.000 hect., le quart environ de nos terres labourables réservées aux prairies artificielles ; les principaux départements producteurs sont l’Eure-et-Loir, l’Yonne, l’Aube, la Vienne, le Calvados. la Marne ; la production totale annuelle, au rendement moyen de 30’< x ,7 par hectare, a été évaluée, par la statistique de 1892, à plus de 180 millions de fr. Le sainfoin possède une racine très pivotante s’enfonçant profondément en terre ; il est encore relativement peu exigeant en principes fertilisants : il doit certainement à ces deux circonstances de réussir, mieux que toute autre légumineuse fourragère, dans les terrains profonds, calcaires, même un peu maigres ; s’ils sont frais, il y donne toujours une récolte abondante et excellente ; les terres par trop compactes, dépourvues de calcaire, humides et à sous -sol perméable, tourbeuses ou marécageuses lui sont défavorables. La graine est semée dans sa gousse, presque toujours au printemps, et rarement dans une céréale ; on herse énergiquement et on roule après le semis. L’ensemencement en association avec d’autres plantes fourragères, trèfle, luzerne, chicorée sauvage, minette, pimprenelle, etc., est courant dans quelques contrées, il est cependant rarement avantageux. Deux variétés, dites Sainfoin simple on à une coupe (120 à 150 kilogr. de semence par hectare) et Sainfoin double ou à deux coupes ou Sainfoin chaud . s. biferum] (150 à 180 kilogr. de semence par hectare), sont employées ; la seconde est plus rustique et plus vigoureuse ; elle peut fournir deux coupes dans les sols qui lui sont très propices, mais elle est aussi beaucoup plus épuisante que le sainfoin simple ; l’une et l’autre donnent une première coupe dès la première année : le fort rendement n’est atteint qu’en seconde et même en troisième année ; on a rarement, en pratique, avantage à conserver le sainfoin au delà de quatre ans. Les soins d’entretien consistent surtout en plâtrages exécutés au printemps et en hersages destinés à prévenir l’envahissement de la prairie par les herbes adventives : brome doux, chiendent, pimprenelle, etc. ; ces herbes sont très nuisibles à la légumineuse, beaucoup moins cependant que le Rhizoctone dont elle a à souffrir dans quelques régions et contre lequel nous avons peu d’action. La récolte se fait rarement en vert ; il est aussi très prudent de ne pas faire pâturer le sainfoin, car les animaux, en coupant les bourgeons, détruisent un grand nombre de plantes et empêchent le repoussage. Le fauchage se fait ,au moment même de la floraison, c.-à-d. dans nos régions tin mai ou commencement de juin pour la première coupe, et septembre pour la seconde coupe ; le produitdesdeux coupes nedépasse guère, en moyenne, 8.000 à 12.000 kilogr. par hectare. Le