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Page:Grande Encyclopédie I.djvu/811

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AGATHIPUYLUA — AGATHOCLE
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ral, calices assez grands, espaces, reliés par de grosses côtes, très saillants. Cloisons nombreuses, épaisses, dentelées. Columelle (on axe central) couverte de granules. Ce genre éocène appartient à la tribu des Astrœacœ et à la famille des Astrœidœ de Milne-Edwards et Haime (V. Zoanthaires). Trt.

AGATHOCLE, fils de Lysimaque. Son pore, l’un des lieutenants d’Alexandre le Grand, qui avait obtenu en partage la Thrace et la Cbersonèse, craignant qu’il ne s’emparât de son trône, le fit périr sous les yeux de sa femme. Celle-ci, nommée Lysandra, s’enfuit avec son beau-frère Alexandre, à la cour de Séleucus, roi de Babylone, et tous deux décidèrent leur protecteur à faire la guerre à Lysimaque (V. Alexandre et Séleucus).

AGATHOCLE, tyran de Sicile, né à Rhegium, vers l’an 361 av. J.-C, mort en 289. Agathocle "était fils d’un potier nommé Carcinus qui, banni de sa patrie, s’était réfugié à Thermes, ville de Sicile, alors sous la domination des Carthaginois. Orphelin de bonne heure, il dut continuer pour vivre le métier de son père et, plus tard, il servit comme simple soldat. Comme il était d’une grande beauté, d’une belle taille et d’une force extraordinaire, Damas, général sous les ordres duquel il était, en entendit parler, se le fit présenter, lui fit donner une éducation soignée, puis l’éleva au grade de chiliarque, c.-à-d. chef de mille hommes, et l’envoya combattre les Agrigentins. A sa mort, Agathocle épousa la veuve de son général et il devint de ce fait l’un des plus riches citoyens de Syracuse. Cette ville, depuis la mort de Timoléon, était retombée dans l’anarchie. Sosistrate venait d’usurper le pouvoir. Agathocle, qui soutenait les prétentions de la démocratie et s’était signalé parmi les adversaires les plus décidés du nouveau tyran, fut obligé de s’exiler en Italie. Là, il se mit à la tête des mécontents réfugiés à Crotone, à Tarante et se porta au secours des Reggiens, alors en guerre contre le tyran. Sosistrate ayant été chassé de Syracuse avec plus de six cents de ses partisans qu’on accusait de vouloir détruire la démocratie, Agathocle fut rappelé, reçut le commandement de l’armée, et fut chargé de résister à Sosistrate et aux Carthaginois qui menaçaient la ville. Il attaqua ses ennemis et les défit dans un combat oh il reçut sept blessures. — Devenu très puissant, appuyé sur l’armée qu’il avait conduite à la victoire, Agathocle aspirait au pouvoir suprême ; mais les Syracusains, jaloux de conserver leur indépendance politique, et se méfiant de ce nouveau chef, résolurent de placer à coté de lui un homme qui, étranger à la Sicile et n’ayant point de partisans dans l’île, pouvait contre-balancer sa puissance et le combattre s’il tentait de mettre ses projets liberticides à exécution. Ils appelèrent donc Acestoride, de Corinthe, et lui confièrent le commandement de leurs troupes. Ce général essaya de faire assassiner Agathocle. Celui-ci s’échappa, rassembla ses partisans et parut devant Syracuse à la tête d’une armée formidable. Les magistrats effrayés lui envoyèrent des ambassadeurs et lui offrirent de le rappeler s’il licenciait ses troupes et promettait de ne rien entreprendre contre la démocratie. Agathocle accepta ces conditions et dès lors parut l’un des plus zélés partisans de la démocratie. Trompé par ses manières et par ses discours, le peuple le nomma général en chef, malgré le Sénat, et le chargea de marcher contre la ville d’Erbita qui venait de se donner aux Carthaginois. — De nouveau, chef d’une aimée puissante, appuyé parle peuple, Agathocle résolut de détruire, avant de quitter Syracuse, le Sénat ou Conseil des Six-Cents, qui avait combattu sa candidature. 11 assemble donc son armée au Timoleonum où doivent venir Pisarque, Declès et quarante autres sénateurs chargés de conférer avec lui sur les affaires de L’Etat, puis, à leur arrivée, il feint d’être l’objet d’un attentat, t’ait arrêter les envoyés du Sénat, soulevé son armée, et la pousse au carnage. Pendant deux jours, Syracuse « offrit le spectacle d’horribles massacres et des excès les plus déplorables », dit Diodore. Quatre


mille citoyens fui ont égorgés sans pitié et six mille furent proscrits. Après ce massacre, il se fit décerner le pouvoir suprême (317 av. J.-C). Il décréta l’abolition des dettes et le partage des terres entre les riches et les pauvres, devint accessible, équitable, donna plusieurs lois sages, mit de l’ordre dans les finances, fit forger des armes, construire des vaisseaux, et soumit la Sicile à son autorité, sauf quelques places qui restèrent au pouvoir des Carthaginois

Carthage se décida alors à envoyer une armée sous les ordres d’Amilcar, pour s’opposer aux entreprises des Syracusains. Les mécontents et les proscrits s’unissent à Amilcar qu’ils rencontrent aux environs d’Himera et l’armée carthaginoise, d’abord battue dans un premier combat, revient à la charge et taille en pièces les Syracusains qui s’étaient attardés à piller son camp (314 av. J.-C). Assiégé dans Syracuse, Agathocle désespère de sauver la Sicile par les moyens ordinaires et prend la résolution hardie de porter la guerre en Afrique, de bloquer Carthage et d’obliger les Carthaginois à repasser la mer pour venir défendre leur capitale. Ce plan de campagne une fois conçu, il confie le gouvernement de Syracuse à son frère Antandre, s’empare des biens des mineurs sous prétexte qu’il saura mieux les administrer que les tuteurs légaux, emprunte aux marchands qui les reçoivent en garantie, dépouille les temples des trésors qu’ils contenaient, fait arrêter et massacrer les riches qui quittent la ville en emportant leurs richesses, confisque leurs biens, enrôle dans ses troupes quelques jeunes hommes pris dans les meilleures familles, arme tous les esclaves en état de combattre, monte sur ses vaisseaux et attend qu’un moment propice lui permette de quitter Syracuse que surveille la flotte carthaginoise. Ce moment se fait attendre quelques jours, mais, enfin, des vaisseaux chargés de vivres se dirigent vers le port, les Carthaginois s’avancent pour s’en emparer, Agathocle donne des ordres et la flotte syracusaine quitte la côte. Surpris de la voir gagner la haute mer au lieu de venir au secours des vaisseaux ravitailleurs, les Carthaginois abandonnent la proie dont ils auraient facilement pu s’emparer et se lancent à la poursuite d’Agathocle. Les deux flottes, l’une poursuivant l’autre, arrivent dans les eaux africaines presque ensemble ; les Syracusains débarquent, et Agathocle, ayant offert un sacrifice à Cérès et à Proserpine, devant ses soldats rassemblés, brûle ses vaisseaux. « Agathocle, dit Diodore, avait pris cette mesure, d’abord pour enlever aux soldats tout moyen de fuite et pour les forcer à chercher leur salut dans la victoire ; ensuite pour avoir sous sa main toutes ses forces, et n’être point obligé de les diviser en en laissant une partie pour la défense des navires qui, autrement, seraient tombés au pouvoir des Carthaginois. »

— Cela fait, Agathocle ne craignit pas d’attaquer les ennemis, bien qu’ils fussent trois fois plus nombreux que ses soldats. Il les bat en plusieurs rencontres, les disperse. Leurs principales villes, Utique, Adrumète, Neapolis tombent en son pouvoir. Carthage continue de lui résister. Cependant, prise de peur, cette République demande de prompts secours à Amilcar qui tient la Sicile, et celui-ci fait annoncer aux Syracusains que leur armée est détruite et qu’Agathocle est mort. A cette nouvelle, les mécontents se soulèvent, Antandre, dit-on, songe à rendre la ville, et déjà Amilcar s’avance pour s’en emparer, lorsqu’une barque échappée à la surveillance des Carthaginois fait savoir aux Syracusains la vérité. Le peuple vole aux armes, se jette en foule sur les Carthaginois, les repousse et tue leur général. La tête d’Amilcar est envoyée à Agathocle qui la montre aux Carthaginois.

Informé que plusieurs villes de la Sicile se sont liguées contre lui et supposant sa présence nécessaire à Syracuse, Agathocle confie le commandement d’Afrique à son fils Archagathe et débarque dans l’île. Sa présence fait tout rentrer dans l’ordre. Rassuré sur ce point, il regagne son armée ; mais tout a changé pendant son absence : son