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AARON II — ABA
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l’ambassadeur anglais, grâce aux promesses d’argent qu’il fit au sultan, au grand-vizir et à tous les hauts fonctionnaires de la Porte, il obtint le trône de Moldavie. Au commencement de novembre 1591, il alla prendre possession de ses Etats, laissant derrière lui des dettes immenses. Il chargea des collecteurs turcs de faire rentrer les impôts et mit tout le pays au pillage. Pour cacher au dehors sa cupidité, il écrivait aux souverains étrangers, au pape notamment, des lettres dans lesquelles il parlait de son dévouement à la cause chrétienne. En 1592, il eut à combattre les habitants d’Orheiu et de Soroca révoltés contre lui ; il prit et enferma dans un monastère un rival, appelé Jean-Bogdan, qui lui était opposé. 11 réussit également à écarter un autre compétiteur soutenu par ses voisins, les Cosaques. La déplorable situation de la Moldavie força les Turcs à intervenir : Aaron fut mandé à la Porte, mais, soutenu par ses créanciers qui espéraient toujours être payés, il parvint à rentrer en grâce auprès du sultan. Alors se produisit chez lui un complet revirement : il céda aux conseils du prince de Transylvanie, Sigismond Bathori, et entra avec lui dans la ligue formée contre les Turcs. Le 16 août 1594, il signa un traité d’alliance avec l’empereur ; le 5 novembre de la même année, il s’unit, par un acte solennel, aux princes de Valachie et de Transylvanie. Le moment d’agir arriva ; mais Aaron tergiversa, ii n’osa se déclarer ouvertement contre les Turcs. Les Cosaques, croyant combattre contre les infidèles, envahirent la Moldavie qu’ils mirent à feu et à sang. Aaron se sauva devant eux, puis revint à Iassi, rendu plus incertain que jamais par la nouvelle des succès que les Turcs avaient remportés en Valachie. Cette hésitation fut considérée par Sigismond Bathori comme une trahison. Le 23 avril 1595 une troupe transylvaine enleva Aaron, sa femme et ses fils. Le prince fut enfermé dans le château d’Alvinti sur le Mures (ou Maros), où il mourut deux ans après. Emile Picot.

AARONOWICZ (Izaac), savant Israélite, originaire de Prostice en Moravie, mort à Cracovie en 1630. Il s’établit à Cracovie et y fonda une imprimerie importante. L’une de ses publications les plus remarquables est une édition du Talmud de Babylone en 13 volumes (1603-1605). AARSENS (François, van) ou AERSSENS, néà La Haye en 1572, mort le 27 décembre 1641. Un des plus habiles diplomates des Provinces-Unies. 11 était fils de Corneille van Aarsens, greffier des Etats généraux. Placé tout jeune encore auprès de Duplessis-Mornay, il lui dut sa connaissance des affaires et de la langue française, qui le fit désigner, à l’âge de vingt-six ans, pour î emplir les fonctions d’agent des États à la cour de France. En 1609, lorsque la Trêve de douze ans, à la négociation de laquelle il avait pris part, eut consacré l’indépendance de la République à l’égard de l’Espagne, il resta accrédité auprès d’Henri IV, avec le titre d’ambassadeur des Provinces-Unies qu’il porta le premier à Paris. Après l’avoir vu longtemps avec une faveur particulière, la cour de France, dont il contrariait sous main les nouveaux projets, demanda son rappel. Il secondait alors les visées de Maurice de Nassau qu’il aida à perdre Barneveldt (1619). Il revint en France en 1624. Pendant cette seconde ambassade, il entra en relations avec Richelieu qui suivit avec lui d’importantes négociations et lui témoigna une estime particulière. D’autres missions lui furent confiées en Angleterre (1620 et 1641), à Venise et en Allemagne. — Dans son pays, Aarsens fut toute sa vie un conseiller écouté : c’est lui-même, dit-on, qui rédigeait ses instructions. On a de lui un Voyage d’Espagne, historique et politique, fait en 1655, publié par de Sercv ; Paris, 1666, in-4. G. L.

AARZIEHLE. Localité située près de Berne, à 500 mètres au-dessus du niveau de la mer. Sources sulfatées sodiques faibles, un peu sulfureuses ; la plus importante s’appelle le Sammler. L’établissement n’est guère fréquenté que par des habitants de la Suisse qui viennent s’y faire traiter pour des maladies de peau.


AASKOW (Urban-Bruun), médecin danois, né à Brôn dshôj, dans l’île de Seeland (Danemark), en 1742, mort à Copenhague en 1806. Attaché au service de santé de la marine, il prit part à l’expédition contre Alger. La flotte, qui appareilla en 1 770 et revint en Danemark en 1772, eut beaucoup à souffrir de fièvres malignes, de la dysenterie et du scorbut. Aaskow en a donné la relation dans son écrit intitulé Diarium medicum navale (Copenhague, 1774, in-8), qui fut en même temps sa dissertation inaugurale. En 1775, il reçut le titre de médecin du roi, puis en 1779 devint membre du conseil, directeur de l’établissement des invalides « Quàsthuset ». Aaskow était, de plus, membre de plusieurs sociétés savantes. Outre une Dissert, de dysenteria epidemica Hafniœ et per Sjellandiam 1766 grassante, on trouve de lui de nombreuses observations de médecine pratique dans le Acta soc. med. Hafniensis et le Collect. soc. med. Hafniensis.

AAVORA (V. Avoira).

AAZAZ (Château fort) (V. Azaz).

AB. Nom du onzième mois du calendrier juif correspondant aux mois de juillet-août (V. Calendrier juif). C’est le 9 de ce mois que furent détruits les temples de Jérusalem, le premier par Nabuchodonosor (586 av. J.-C), le second plus de six siècles et demi après (70 ap. J.-C.), par Titus. Le nom du mois d’ab n’a pas d’étymologie : on croyait auparavant que ce mois était désigné comme « mois de feu », mais cette explication, quoique possible, n’est pas sûre.

ABA ou ABBA. Ile du Nil blanc, l’une des mieux cultivées et la plus grande, habitée exclusivement par des Arabes. Naguère inconnue en Europe, aujourd’hui historique, cette île doit sa célébrité aux événements dont le bassin du Nil est actuellement le théâtre (1884-85). C’est là que Mohammed— Ahmed (V. ce mot), le Mahdi, après avoir reçu du célèbre fakir Noûr-ad-Daïm l’ordination ou consécration religieuse, vint s’établir en 1868 dans une sorte de puits creusé de ses propres mains, où il vécut quinze ans.

ABA, roi ou usurpateur de Hongrie, le représentant de la dernière réaction païenne contre le christianisme victorieux, après la mort du roi saint Etienne, de 1041 à 1044. Lorsque les Magyars firent un soulèvement national contre l’incapable successeur du grand roi, Pierre, surnommé le Vénitien ou l’Allemand, qui livrait tout aux étrangers, leurs regards se portèrent sur Samuel Aba, descendant de l’un de ces anciens chefs de tribu qui rivalisaient avec le chef suprême avant l’établissement de la royauté. Ils le firent monter sur le trône, espérant de lui, les uns le rétablissement du paganisme, les autres la résistance à l’empereur allemand. Du reste, Aba n’était point païen personnellement ; il avait épousé une sœur de saint Etienne, il avait fondé des églises dans ses domaines ; mais une fois au pouvoir il permit toutes les violences contre les prêtres et les étrangers. Le puissant Henri UI prit fait et cause pour Pierre qui se déclara son tributaire et il renvoya avec menaces les ambassadeurs de l’usurpateur. Celui-ci, après avoir essayé vainement de l’offensive, ne put arrêter une invasion impériale qu’à force de soumissions. Se voyant alors méprisé de ses sujets, entouré d’ennemis, il devint un tyran cruel, et lutta contre les conspirations par une série d’assassinats à peine juridiques. Une nouvelle attaque victorieuse de l’Empereur réduisit Aba, délaissé par tout le monde, à s’enfuir du côté de Tisza. On ne sait s’il fut tué par un ennemi personnel, ou si Pierre, une fois rétabli, le fit périr dans une prison. Sayous.

ABA. Sorte de manteau oriental. Il est porté en Turquie par les soldats, les matelots et les individus des classes peu aisées. Les Bédouins en font également usage. Ce manteau est de laine grossière et rayé généralement ; il se rapproche assez du burnous. Comme "l’aba était autrefois l’objet d’un commerce assez considérable dans la Macédoine, et principalement à Salonique, on l’appelait quelquefois Salouika.