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ALCALA-DE-HÉNARÈS
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située sur la rive droite du rio Hénarès qui se jette un peu plus loin dans nn affluent du Tage, le rio Jarama. Elle portait du temps des Romains le nom de Complutum. Son nom actuel est arabe et signifie la forteresse. C’était autrefois une ville très importante de plus de 60, 000 hab., son université était aussi célèbre que celle de Salamanque. Elle fut créée en 1489 par l’archevêque de Tolède, le cardinal Ximénès. Grâce à ses soins, tous les livres précieux, tous les manuscrits de quelque valeur existant en Espagne furent réunis dans la bibliothèque de l’Université, et des savants, envoyés en France, à Rome et dans toute l’Italie, en rapportèrent des collections, de sorte que bientôt la bibliothè-


que d’Alcala fut une des plus complètes de l’Europe. Ximénès conçut alors le dessein de sa Bible polyglotte. C’était pour l’époque une œuvre gigantesque ; l’imprimerie était alors dans l’enfance (1473). Ce fut à l’imprimerie spéciale d’Alcala que les caractères furent fondus, et cette bible à laquelle Ximénès donna son nom aurait suffi à elle seule pour donner une certaine célébrité à cette ville. La bibliothèque garde encore le premier exemplaire tiré de cette édition. Bientôt les étudiants ne tardèrent pas à affluer à ses cours, il en vint de tous les points de la péninsule. Au xvie siècle leur nombre dépassait dix mille. L’infant don Carlos, le fils de Philippe II, suivit les cours Vue du palais archiépiscopal d’Alcala de Bénarés.

Vue du palais archiépiscopal d'Alcal de Hénarès

de cette université, c’est là qu’il fit une chute dont il devait se ressentir toute sa vie et qui amena plus tard chez lui de si graves accidents cérébraux. L’immortel auteur de Don Quichotte, Cervantes, naquit dans cette ville le 9 oct. 1547. De même Antonio Solis, historien du Mexique. La splendeur d’Alcala commença à s’affaiblir à partir du xvn e siècle. Actuellement elle n’est plus que l’ombre d’elle-même. Son université a été transférée à Madrid depuis 1836. — Vue de l’extérieur, Alcala présente un aspect assez imposant par le grand nombre d’édifices, de tours et de clochers qui de toutes parts s’élèvent au-dessus des maisons, mais ses rues ne sont plus animées par les bandes si pittoresques et si bruyantes des Estudiantes turiantes, les bâtiments immenses de l’Université sont déserts et tombent en ruines. C’est ainsi que leur façade, ornée de si belles sculptures du plus gracieux style espagnol de la Renaissance, a subi des dégradations irréparables. La chapelle du Colegio mayor de San-Hdefonso ne conserve plus que quelques traces


de son ancienne richesse. Ses ornements dans le goût moresque sont encore cependant un des plus beaux spécimens du style mudejar du xiv c siècle. Le tombeau de Ximénès y est gardé. Sa cathédrale, nommée la Magistrale et qui date du xiv c siècle, renferme des détails très intéressants entre autres la grille du chœur, œuvre d’un Français. Le palais archiépiscopal, appartenant aux archevêques de Tolède, est un édifice immense ; les cours y sont multipliées ; elles sont toutes entourées de portiques qui s’ouvrent par des arcs soutenus par des colonnes ; les uns et les autres chargés d’ornements divers (V. fig. ci-dessus). Sa population n’était, en 1860, plus que de 4, 800 bah. Le recensement de 1878 a montré qu’Alcala participe aux lents progrès du reste de l’Espagne. Elle avait 12^317 hab. Ce relèvement est dû à l’installation d’une école de cavalerie et à quelques fabriques de savon, de tissus et de cuirs. Louis Bougier.

Bibl. : Baron de Nervo, Isabelle la Catholique ; Paris, 1871.


FIN DU TOME PREMIER