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du Macédonien inspirèrent au Romain la généreuse envie de devenir son rival. César en effet poussa si loin ses conquêtes que, jusqu’ici, la renommée a partagé également ses suffrages entre ces deux héros. Car, si Alexandre eut tout l’Orient pour théâtre de ses belles actions, César pour théâtre des siennes eut tout l’Occident. Alphonse le Magnanime, roi d’Aragon et de Naples, disait que les trompettes et les tambours n’animaient pas plus un cheval de bataille que la réputation de César lui enflammait le cœur d’un feu martial. Ainsi, les héros se succèdent-ils à la gloire par l’émulation, et à l’immortalité par la gloire.

En toute profession, en toute science, en tout art, on voit toujours quelques hommes qui brillent, tandis que mille autres sont ensevelis dans l’obscurité. Ceux-ci sont comme les antipodes du mérite, et ceux-là sont comme les lumières qui montrent le chemin pour y arriver. C’est au sage à étudier et à discerner ces différents grades : et pour cela, qu’il ait bien présente à l’esprit l’histoire des grands hommes dans l’état auquel il veut se destiner. Plutarque dans ses Vies parallèles fournit une espèce de catalogue des anciens héros ; et Paul Jove dans ses Éloges en donne un autre pour les modernes. Il manque à ces deux auteurs plus d’étendue et plus de critique. Mais qui oserait entreprendre d’y suppléer ? C’est ce qui ne se peut exécuter avec succès que par un génie supérieur. Il est facile de placer ces grands hommes, suivant l’époque des temps où ils ont vécu ; et il est très difficile de les caractériser au juste, et d’en assigner exactement la différence, selon la variété et le degré du mérite.

Mais sans nous fatiguer beaucoup, pour tracer les divers portraits de l’héroïsme, un seul suffira, dont tous les traits sont autant de qualités émi-