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VAN LERBERGHE ET LES AUTRES POETES

chose en lui qu’un imitateur et comme le dit M. Heumann, il ne se départit jamais de sa qualité maîtresse, la distinction. Voici un quatrain où il exprime noblement la doctrine même du Parnasse :

La multitude abjecte est par moi détestée,
Pas un cri de ce temps ne franchira mon seuil ;
Et pour m’ensevelir loin de la foule athée,
Je saurai me construire un monument d’orgueil.


Valère Gille est bien le frère des deux précédents. Sa Cithare eut des honneurs académiques. « Estimons tous ces poètes, dit M. Heumann, pour des ouvriers probes. Mais comme ils manquent de tempérament, de vie ! Ils se figent dans l’imitation fade des parnassiens ou tentent de se composer une sensibilité à la Baudelaire. La perfection de leur métier n’a d’égale qu’une impersonnalité