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LE COUVENT,

mon ami, ſoyez heureux. Que mon exemple vous ſerve de leçon. Souvenez-vous que la félicité de vos enfans eſt votre premier devoir. (à Angélique.) Ma ſœur, vous ratifiez leur choix. (il quitte ſes enfans, Angélique prend ſa place.)


Le Marquis, à l’Abbeſſe.

Madame, vous fûtes témoin de mes injuſtices, vous l’êtes de mon repentir. Je vous laiſſe à remplir une obligation importante & pour vous & pour moi. Ma ſœur eſt retenue dans ce Cloître par des vœux indiſſolubles, vous êtes chargée de ſon bonheur. Ah ! qu’elle y jouiſſe déſormais du calme & de la tranquillité que méritent ſes vertus.


L’Abbesse.

Je vous le promets, Monſieur ; cette ſcène touchante m’apprend un nouveau devoir, & M. le Curé ſera déſormais le Paſteur que je conſulterai ſur l’adminiſtration de ma maiſon.


Le Curé.

Madame, ce n’eſt point à moi que vous rendez juſtice, c’eſt à la vérité, c’eſt au culte d’un Dieu ennemi de la perſécution. Mais oublions le paſſé, & qu’une morale plus douce rende à l’avenir ces aſyles moins redoutables.