Page:Gouges - Le couvent - 1792.pdf/45

Cette page a été validée par deux contributeurs.
33
DRAME.


Julie.

Vous malheureuſe ! & vous me conſolez ! ce n’eſt donc que dans le ſein des infortunés que l’on trouve de la pitié ?


Sœur Angélique.

Je ſuis d’autant plus à plaindre que tes maux mettent le comble à tous les miens.


Julie.

O pouvoir de la vertu, qui oublie ſes ſouffrances pour verſer la conſolation dans le ſein des opprimés !


Sœur Angélique.

Tes perſécuteurs n’entreprennent rien contre toi qui ne retentiſſe, hélas ! dans ce cœur trop déchiré.


Julie.

C’eſt porter trop loin l’excès de vos bontés. Combien de fois votre courage à me défendre des tracaſſeries, des humiliations dont on m’abreuve, vous a expoſée vous-même au courroux des Supérieures !


Sœur Angélique.

Trop heureuſe de ſouffrir, lorſque je t’épargnois des peines…