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Page:Goldenweiser - Le Crime comme peine, la peine comme crime.djvu/95

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Il a fait davantage par son roman que les cours les plus humains de juridiction des prisons et que les congrès pénitentiaires les plus fréquentés : il a fait sentir que doivent chercher à se corriger d’abord ceux qui se chargent de corriger les autres. Que la cause du crime n’est pas dans la mauvaise volonté du criminel, comme on le croyait jusqu’ici et que la correction des criminels ne doit pas consister seulement à leur causer des souffrances — ce sont des choses reconnues à présent par tout le monde. On cherche à atteindre les nouveaux buts découverts sous cette influence par l’organisation de pénitentiaires perfectionnés. Tolstoï, lui, a choisi cette question d’un autre côté et a fait sentir palpablement que la cause du mal n’est pas là où on la cherche, mais que l’insuccès de la lutte contre lui est la suite fatale de sa fausse direction. Le centre de gravité n’est pas dans la façon plus ou moins efficace avec laquelle agit le châtiment sous ses différentes formes, mais dans l’impression morale qu’il produit sur ceux qui y condamnent et qui l’appliquent. Ces derniers doivent se corriger eux-mêmes avant de corriger les autres, ils doivent, pour ainsi dire, envoyer préalablement leur conscience dans un pénitentiaire avant de s’accorder le droit de soumettre par la force leurs semblables à diverses privations dans le but de les corriger. À cela est diamétralement opposé l’état d’esprit du président dans l’affaire Maslow, se préparant à la session, quand, faisant des haltères dans son cabinet, et avant le moulinet final, il pense avec une