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Page:Goldenweiser - Le Crime comme peine, la peine comme crime.djvu/75

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Tolstoï ces incidents prouvent que l’on se comporte de nos jours avec les criminels de la même façon primitive que dans l’antiquité.

Bien qu’ayant subdivisé cette justice en plusieurs phases distinctes, affirme-t-il, et confié chacune d’elles à des exécuteurs différents et qu’on pense avoir soi-disant changé dans sa substance le traitement infligé aux criminels se trouvant à présent entre les mains de l’autorité, par rapport à la façon dont auparavant les victimes se faisaient justice elles-mêmes, de fait on n’a réussi qu’à prolonger et disperser dans l’espace le même supplice. En réunissant en un seul les rayons dispersés maintenant à l’œil du commun, éclairant la justice criminelle, Tolstoï a représenté cette justice sous un aspect concentré par son sentiment individuel moral et l’on obtient le tableau des tortures primitives.

De nos jours on n’inflige plus la question à l’accusé pendant son interrogatoire à l’enquête, à l’aide de tenailles ou d’autres instruments de supplice, mais on soumet à la torture par la privation de liberté, par le régime forcé dans les prisons et autres lieux de détention, et c’est dans la sensation désagréable produite par ces mesures de répression qu’on voit le point capital du châtiment. Chacun est prêt à reconnaître que s’il était possible de trouver un moyen pour que le châtiment fît éprouver au criminel un sentiment de plaisir au lieu de celui de désespoir, on aurait aussitôt transporté le système pénitentiaire existant sur