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Page:Goldenweiser - Le Crime comme peine, la peine comme crime.djvu/49

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Recueils des lois anglo-saxonnes du xe siècle :

Au jour choisi pour l’épreuve, l’accusé était mené à l’église. Les spectateurs y étaient placés sur deux rangs, l’un en face de l’autre. Un des rangs devait représenter les amis de l’accusé, l’autre ceux des accusateurs. Entre eux, au milieu de l’église, brûlait le feu qui devait servir à prouver l’innocence ou la culpabilité de l’accusé. Tous les assistants étaient censés avoir jeûné et être nets de toute souillure. Le prêtre passait et repassait devant eux en les aspergeant d’eau bénite et en leur en donnant à boire. Il faisait baiser à chacun d’eux la croix et l’Évangile. Pendant ce temps l’ordalie remplie d’eau était placée sur le feu. Quatre arbitres, choisis par deux de chaque partie, annonçaient quand l’eau commençait à bouillir. Le moment attendu était alors arrivé. Aussitôt, les assistants qui avaient gardé jusque-là un silence solennel élevaient ensemble une prière au Dieu Tout-Puissant, afin qu’il manifestât sa volonté par l’épreuve qui se préparait. Ensuite l’accusé, le bras tendu, entouré d’une étoffe ou d’un linge spécial, s’approchait du lieu de l’épreuve. Au fond de la cuve était placée une pierre qu’on ne pouvait atteindre qu’en plongeant le bras jusqu’au coude. L’accusé devait retirer cette pierre sans se brûler. Il devait le faire étant presque aveuglé par la fumée des bûches et la vapeur s’échappant de la cuve et à demi-mort par la terreur qui devait l’envahir, fût-il coupable ou non. Là-dessus se terminait la première partie de l’épreuve. Au bout de