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Page:Goldenweiser - Le Crime comme peine, la peine comme crime.djvu/33

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anglaise, par exemple, est purement comique. Tout ce qu’il y a d’artificiel et d’affecté dans Nekludoff est la suite naturelle du rôle artificiel qui lui est échu et qu’il remplit volontairement :

« Bien que ce spectacle fût familier à Nekludoff et qu’il eût l’occasion, pendant ces trois mois, de voir les mêmes 400 détenus criminels dans les situations les plus diverses : pendant la grande chaleur, dans un nuage de poussière qu’ils soulevaient en traînant leurs pieds chargés de fers ; pendant les haltes sur la route, et, quand la température le permettait, aux étapes en plein air, où se passaient d’effrayantes scènes de dépravation, il éprouvait malgré cela, chaque fois qu’il pénétrait dans leur milieu et qu’il sentait, comme à présent, que leur attention était concentrée sur lui, un sentiment pénible de culpabilité et de honte envers eux. Ce qui lui était le plus pénible, c’est qu’à cette sensation de culpabilité et de honte venait s’ajouter un sentiment insurmontable de dégoût et d’horreur. Il savait que dans la position où ils étaient mis, ils ne pouvaient être autrement qu’ils l’étaient, et pourtant, il ne parvenait pas à surmonter son dégoût ».

C’est de ceux qui sont d’un esprit plus fort et qui s’adressent aux détenus, non du dehors, mais enfermés comme eux et avec eux, que vient réellement la lumière. La position de Catherine Maslow, moralement rendue très pénible en route par « les hommes dégoûtants, qui, semblables aux insectes, bien que remplacés par d’autres à chaque étape,