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franco-russe fût salutaire aux oiseaux ? C’était devant Brest-Litovsk, j’ai donc vu au Caucase des corbeaux dodus, des hérons avec un rat arrêté dans leur cou, des aigles gras à lard. À mon dernier régiment, le colombophile aussi était Russe. Tu sais le devoir des colombophiles ; ils ont à maltraiter et à affamer les pigeons et les chiens de liaison, pour qu’ils retournent plus vite là où l’on gave et caresse. Un jour ses deux chiens furent blessés. Il resta toute la nuit à les soigner, à les flatter. Les chiens relevaient la tête, remuaient la queue, pensaient désolés : Nous mourrons le jour où les hommes deviennent bons !… Lui aussi fut tué le lendemain… Vivent les chiens allemands ! Vive la Russie !

Miss Daniels m’arrache ma lettre, à bas Miss Daniels ! Adieu !


C’était l’aube. Par le tulle de mes rideaux, un aigre jour était pris et pressé comme un caillé. Depuis une minute à