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rappelles, une licorne… Que le mot licorne est sonore dans un dortoir !

Au revoir, Jean. Mon électricité brûle toujours, mais déjà ma veilleuse est éteinte : notre veille est finie. Demain soir, par le tunnel, comme le jour où l’on nous avait mis dans deux cours différentes, et où je regardais dans la tienne par un trou de la porte, je ne verrai que ton œil. On me lève. Je vais remettre cette capote que tu as fouillée, ce pantalon avec sa jambe invisible. Écris-moi encore puisque tu ne te lèves pas. Miss Daniels veut t’amener mon chien. Lui aussi c’est Yourf. Appelle-le par son nom, il croira t’avoir vu et te reconnaîtra. Adieu. Je pars pour la Russie dès ma guérison. Mais nous nous reverrons peut-être à mon retour, si je reviens,… au printemps (quand la paix tue la guerre !)

… C’est ainsi que se termina cette nuit, où, plus fortunés que les autres amis au monde, nous n’appartenions point à la race de ceux qui usent de timbres, de tubes postaux, de