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rendu ma pensée paresseuse, elle ne dépasse plus le premier cercle de mon cœur. J’avais pris dans la voiture, non pas vos derniers vers, mais ce cahier de vos devoirs de classe, quand vous étiez en quatrième. J’adore la narration du petit naufragé, quand le jeune tigre est devenu une accorte tigresse et s’entend enfin avec le chien. J’adore le discours de Thémistocle aux trirèmes, lorsqu’il déclare faire plus de cas de sa mère la Carienne que de la belle Léocratida. Il est de la fin de juillet, il a toute la vieillesse, l’expérience, toute la sagesse de la quatrième. Il dédaigne les prosopopées, si éclatantes dans vos devoirs de janvier ; les transitions par des phrases sur la nature, si neuves au trimestre de la Toussaint. Vous avez eu la jeunesse et le déclin de chaque année d’enfant, vous l’aurez de chaque âge. Vous êtes au fond le seul homme que j’aie jamais vu, le seul qui me semble à la fois achevé et périssable. Jamais plus vous ne serez re-