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cédilles sous chaque chiffre. Je pensais que tu serais un grand ministre et je t’espionnais d’après la Vie de Gladstone enfant volée au père Kissling. Mais jamais tu ne faisais les choses comme Gladstone. Tu ne préférais pas l’encre rouge et le papier oignon. Tu ne te fâchais pas avec ta fiancée au sujet des pois de senteur. Gladstone aimait scier les bûches, abattre les arbres ; je te promenais dans les bois de Lockham, sans résultat. Gladstone aimait la liberté, tu étais un tyran, tu m’éloignais à ton gré de la Spatenbraü pour me traîner au Luitpold, sans voir que c’était m’éloigner de Fanny, que j’aimais, pauvre Fanny, pour me donner à Mitzi… Pauvre Mitzi !…

Ton infirmière repart. À tout à l’heure.


Mon cher Pavel,

Te rappelles-tu comme je t’enviais, à chaque fête, de partir pour Lucerne ? Tu rapportais d’ailleurs de la Suisse tout ce que les autres rapportent de la mer, des coquillages, des étoiles sèches, des bérets de ma-