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sais à me donner de fausses orthographes et que par tes conseils j’ai écrit pendant dix ans le mot russe avec un c. Maintenant encore je me retiens difficilement de mettre une cédille sous l’s. Ce que tu appelles un double z est un x russe. Pour l’affaire des adieux, apprends que je suis revenu la veille de ton départ, en cachette, de Garmisch, avec Yourf. Je suis resté une bonne heure sous ta fenêtre, je n’ai pas osé monter à cause du père Kissling. Moi j’aurais deviné que mon meilleur ami était dans la rue, avec un chien lapon, dont il maintenait la gueule, par crainte des aboiements, chaque fois que de ton rez-de-chaussée, du café Stéfanie, un des peintres polonais sortait, craquant des allumettes pour son dernier cigare. Yourf détestait les allumettes. J’ai repris le train de deux heures pour Schliersee ; nous sommes arrivés sur la montagne juste pour le lever du soleil, et Dieu sait, en le voyant paraître, ce qu’a pu aboyer Yourf. Je n’ai pas trop changé ; toi sûrement pas, je