Page:Giraudoux - Adorable Clio.djvu/244

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


douces à la pensée, voyaient soudain deux avions en combat monter et descendre par saccades, s’agiter autour de notre pauvre regard rigide, comme les plateaux d’une balance folle ! Le petit jour, quand le sergent professeur de piano, agitant ses doigts pour les garder déliés, tapotait sur son bidon à droite, sur sa musette à gauche, de petits coups furtifs qui étaient les études en mineur. — C’est la pluie, pensaient ses voisins, sale pluie ! Et le matin, quand Laurent, à peine debout, pour se rendre un peu plus brave, comme on frappe fort le baromètre pour qu’il fasse un peu plus beau, se battait lui-même à coups de poings ! Et le réveil avant le réveil, quand on ne pouvait détacher son regard de toutes ces places violettes et ridées, dans les autres visages, qui, tout à l’heure, allaient être des yeux ! Et minuit, aux environs d’un clocher, quand nous comptions les douze coups, marches de notre seul escalier ! Et la fusée éclairante, avant l’attaque, qui nous mon-