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quelle innocence, comme celui qu’on soupçonne d’y caresser un revolver.

Mais le général anglais voulait féliciter vos officiers. C’était lui qui commandait l’armée britannique à Tsing-Tao, et il avait parié avec Dobell, du Cameroun, au premier général anglais qui entrerait en territoire allemand. Tous deux y furent le même jour, à la même heure, mais, à cause de la latitude, le nôtre était proclamé gagnant. Il s’approchait, bienveillant, honorable, du colonel portugais et tu étais son interprète.

— Dites au colonel, disait-il, que je le remercie !

— Colonel,… commençais-tu en portugais, et tu partais pour un discours immense où nous saisissions les mots les plus divers, le nom de Rome, le nom de Londres, des noms de fruits, des prénoms — car vous adorez les prénoms dans votre peuple où il n’est que cinq noms de famille — et le colonel s’inclinait.

— Commandant,… te répondait-il, et lui