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repos qui toujours se glissera entre l’après-midi des fêtes et leur nuit, tant que les hommes ne deviendront pas d’eux-mêmes, vers cinq heures, sautillants, flamboyants. Chaque ménagère attend pour allumer le gaz que je ne sais quoi en elle soit consumé, et caresse ses sourcils comme une mèche tiède. Voici le soir, qui appuie de tout son poids pour prendre l’empreinte d’une journée aussi parfaite, et qui l’imprimera demain, quand le monde aura tourné, sur quelque ville javanaise, ou sur un grand désert. Les Allemands sortent à la dérobée de leurs villas, par la grille qui donne sur les Vosges, écoutent les torrents…, haïssent les montagnes, détestent les fleuves ; descendent vers la grande rue sombre, et, pour éviter la lumière des magasins, suivent malgré eux, raides comme sur une corde tendue, juste l’axe du défilé.

Mais voici que le brouillard qui descend des Vosges heurte le brouillard qui monte du Rhin ; de petites chouettes de garde