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par une hérésie. Rappelez vos pères de l’exil, et retirez vos adhérens du chemin de la perdition. Vous ne pouvez ignorer que l’Italie et la Gaule, l’Espagne et l’Afrique, déplorent déjà votre chute et anathématisent votre nom. Si vous ne rétractez pas sans délai ce que vous avez enseigné, si vous ne déclarez pas hautement : Je suis tombé dans l’erreur ; j’ai péché, anathème à Nestorius, anathème à Eutychès, vous vous dévouez à ces flammes qui les consumeront éternellement[1]. » On le vit mourir sans donner un signe de rétractation. Sa mort rétablit à quelques égards la paix de l’Église ; et, circonstance heureuse et rare, ses quatre successeurs, Justin, Tibère, Maurice et Phocas, ne jouent aucun rôle dans l’histoire ecclésiastique de l’Orient[2].

La controverse monothélite. A. D. 629.

C’est sur elles-mêmes qu’ont le moins de prise les facultés de sentir et de raisonner ; notre œil est de tous les objets le plus inaccessible à notre vue, et rien n’échappe à notre pensée autant que les opérations de notre âme ; toutefois nous pensons et même

  1. Nicetius, évêque de Trèves (Concil., t. VI, p. 511-513). Son refus de condamner les trois chapitres, le sépara de la communion des quatre patriarches, ainsi que la plupart des prélats de l’Église gallicane (saint Grég., epist., l. VII, epist. 5 in Concil., t. VI, p. 1007). Baronius prononce presque la damnation de Justinien (A. D. 565, no 6)
  2. Lorsque Evagrius a raconté la dernière hérésie de Justinien (l. IV, c. 39, 40, 41), et l’édit de son successeur (l. V, c. 3), son histoire est ensuite remplie d’événemens civils et non pas ecclésiastiques.