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les yeux sur l’infraction de cette loi, du moins sous son joug de fer étaient-ils privés, non-seulement des avantages de la société, mais de tous les droits de naissance qu’ils pouvaient réclamer en qualité d’hommes et de chrétiens. Après quatre cents ans, les montanistes de Phrygie[1] respiraient toujours ce sauvage enthousiasme de perfection et cette ardeur prophétique que leur avaient inspirées leurs apôtres, soit mâles, soit femelles, organes particuliers du Saint-Esprit. À l’approche des prêtres et des soldats catholiques, ils saisissaient avec ardeur la couronne du martyre ; le conciliabule et la congrégation périssaient dans les flammes ; mais l’esprit des premiers fanatiques subsistait encore en son entier trois cents ans après la mort de leur tyran. L’Église des ariens à Constantinople, protégée par les Goths, avait bravé la rigueur des lois. Leurs prêtres égalaient le sénat en richesses et en magnificence, et l’or et l’argent que leur ravit Justinien auraient pu être revendiqués

    servée par Jean Malala (t. II, p. 63, édit. de Ven., 1733), qui mérite plus de croyance à mesure qu’il approche de la fin de son outrage : après avoir fait l’énumération des nestoriens et eutychiens, etc., ne expectent, dit Justinien, ut digni veniâ judicentur : juhemus enim ut… convicti et aperti hæretici justæ et idoneæ animadversioni subjiciantur. Cet édit du Code est rapporté avec éloge par Baronius (A. D. 527, nos 39, 40).

  1. Voyez le caractère et les principes des montanistes dans Mosheim (De reb. Christ. ante Constantinum, p. 410-424).