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et de Genseric. Le synode d’Éphèse n’avait fait aucune attention à la doctrine enseignée par Léon dans son fameux tome ou épître sur le mystère de l’incarnation ; son autorité et celle de l’Église latine avaient été insultées dans la personne de ses légats, qui, échappés avec peine à l’esclavage et à la mort, vinrent raconter la tyrannie de Dioscore et le martyre de Flavien. Le pape, assemblant son synode provincial, annulla les procédés irréguliers de celui d’Éphèse ; mais cette démarche étant irrégulière aussi, il demanda la convocation d’un concile général dans les provinces libres et orthodoxes de l’Italie. Du haut de son trône, désormais indépendant de la cour de Constantinople, le pontife de Rome parlait et agissait sans danger, en qualité de chef des chrétiens ; Placidie et son fils Valentinien n’étaient que les organes soumis de ses volontés : ils demandèrent au prince qui gouvernait l’Orient, de rétablir la paix et l’unité de l’Église ; mais le fantôme qui donnait des lois à cette partie de l’empire était conduit avec la même dextérité par l’eunuque alors en possession du pouvoir ; Théodose répondit, sans hésiter, que l’Église était déjà paisible et triomphante, et que les justes peines infligées aux nestoriens avaient éteint l’incendie dont on craignait les ravages. Les Grecs étaient peut-être pour jamais livrés à l’hérésie des monophysites, si le cheval de l’empereur n’eût heureusement fait un faux pas. Théodose mourut ; Pulchérie sa sœur, zélée pour la foi orthodoxe, succéda au trône avec un époux qui ne l’était que de nom : Chry-