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d’obéir à leurs sommations : ceux-ci hâtèrent le jugement, et son accusateur présida le tribunal. Soixante-huit évêques, vingt-deux desquels avaient le rang de métropolitains, le défendirent par une protestation décente et modérée ; on les exclut des délibérations. Candidien demanda, au nom de l’empereur, un délai de quatre jours ; ce magistrat profane fut insulté et chassé de l’assemblée des saints.

Condamnation de Nestorius. Juin 22.

Cette grande affaire fut accomplie tout entière dans l’espace d’un jour d’été : les évêques donnèrent leur opinion séparément ; mais l’uniformité du style indique l’influence ou la main d’un chef qu’on accuse d’avoir falsifié les actes et les signatures[1]. Ils déclarèrent d’une voix unanime que les Épîtres de S. Cyrille contenaient les dogmes du concile de Nicée et la doctrine des Pères ; des imprécations et des anathèmes interrompirent la lecture de l’extrait peu fidèle qu’on avait fait des Lettres et des Homélies de Nestorius. Celui-ci fut dégradé du rang d’évêque et de ses dignités ecclésiastiques. Le décret où on le qualifiait malignement de nouveau Judas, fut proclamé et affiché dans les carrefours d’Éphèse : lorsque les prélats fatigués sortirent de l’église de la Mère de Dieu, on les salua comme ses défenseurs ;

  1. Μεμφομενον μη κατα το δεοντα εν Εφεσω συντεθηναι υπομνηματα πανο‍υργια δε και τινι αθινοτομια κυριλλο‍υ τεχναζοντος. (Evagrius, l. I, c. 7.) Le comte Irénée (t. III, p. 1249) lui faisait le même reproche ; et les critiques orthodoxes ont un peu de peine à défendre la pureté des copies grecques et latines des actes de ce concile.