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concile. Les adversaires de saint Cyrille et de Marie furent insultés dans les rues ou menacés dans leurs maisons. L’éloquence et la libéralité du prélat égyptien augmentaient chaque jour le nombre de ses adhérens ; et il put bientôt compter sur deux cents évêques prêts à le suivre et à le soutenir[1] ; mais l’auteur des douze anathèmes prévoyait et redoutait l’opposition de Jean d’Antioche, qui, avec une suite peu nombreuse, mais respectable, de métropolitains et de théologiens, arrivait à petites journées de la capitale de l’Orient. Saint Cyrille, dont l’impatience s’irritait d’un délai qu’il traitait de volontaire et de coupable[2], fixa l’ouverture du concile au seizième jour après la Pentecôte. Nestorius comptant sur la prochaine arrivée de ses amis de l’Orient, persista, ainsi que saint Chrysostôme, son prédécesseur, à décliner la juridiction de ses ennemis et à refuser

  1. Les Actes du concile de Chalcédoine (Concil., t. IV, p. 1405-1408) montrent bien l’aveugle et opiniâtre soumission des évêques d’Égypte à leur patriarche.
  2. Des affaires civiles ou ecclésiastiques retinrent les évêques à Antioche jusqu’au 18 mai. D’Antioche à Éphèse on comptait trente journées ; et ce n’est pas trop de supposer que des accidens ou le besoin de repos leur firent perdre dix jours. Xénophon, qui fit la même route, compte plus de deux cent soixante parasanges ou lieues ; et j’éclaircirais cette mesure d’après les Itinéraires anciens et modernes, si je connaissais bien la proportion de vitesse d’une armée, d’un concile et d’une caravane. Au reste, Tillemont lui-même justifie Jean d’Antioche quoique avec un peu de répugnance. (Mém. ecclé., t. XIV, p. 386-389.)