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Premier concile d’Éphèse. A. D. 431. Juin-Octobre.

L’empereur et le primat de l’Orient n’étaient pas disposés à se soumettre au décret d’un prêtre de l’Italie ; et l’on demandait de toutes parts un concile de l’Église catholique, ou plutôt de l’Église grecque, comme le seul moyen d’apaiser ou de terminer cette dispute ecclésiastique[1]. Éphèse, où l’on arrivait aisément par mer et par terre, fut choisie pour le lieu de cette assemblée ; on la fixa à la fête de la Pentecôte : on envoya à tous les métropolitains des lettres de convocation, et l’on plaça autour de la salle de réunion une garde destinée à protéger et à emprisonner les pères du synode, jusqu’à ce qu’ils eussent déterminé les mystères du ciel et la foi des humains. Nestorius y parut, non comme criminel, mais comme juge : il comptait sur la réputation plutôt que sur le nombre de ses prélats ; ses robustes esclaves des bains de Zeuxippe étaient armés et prêts à le défendre, ou à attaquer ses ennemis ; mais l’avantage des armes temporelles et spirituelles était du côté de saint Cyrille son adversaire. Celui-ci, désobéissant à la lettre ou du moins à l’esprit de

    vrir (Bibl. orient., t. IV, p. 190-224) le crime et l’erreur des nestoriens.

  1. On trouve des détails sur l’origine et les progrès de la controverse de Nestorius, jusqu’au concile d’Éphèse, dans Socrate (l. VII, c. 32), dans Evagrius (l. I, c. 1, 2), dans Liberatus (Brev., c. 1-4), dans les Actes originaux (Concil., t. III, p. 551-591, édit. de Venise, 1728), dans les Annales de Baronius et de Pagi, et dans les fidèles Recueils de Tillemont (Mém. ecclés., t. XIV, p. 283-377).