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térieur de l’Allemagne : les villes ont conservé une influence proportionnée à leurs richesses et à leur politique, et leur négative annulle encore les résolutions des deux colléges supérieurs, c’est-à-dire de celui des électeurs et de celui des princes[1].

Faiblesse et pauvreté de l’empereur Charles IV. A. D. 1347-1378.

C’est au quatorzième siècle qu’on est surtout frappé du contraste qui existe entre le nom et la situation de l’Empire romain d’Allemagne, lequel, excepté sur les bords du Rhin et du Danube, ne possédait pas une seule des provinces de Trajan et de Constantin. Ces princes avaient pour indignes successeurs les comtes de Habsbourg, de Nassau, de

  1. Dans l’immense labyrinthe du droit public d’Allemagne, je dois citer un seul auteur ou en citer mille ; et j’aime mieux adopter un seul guide fidèle, que transcrire sur parole une multitude de noms et de passages. Ce guide est M. Pfeffel, auteur du nouvel Abrégé chronologique de l’Histoire et du Droit public d’Allemagne, Paris, 1776, 2 vol. in-4o. C’est à mon avis la meilleure histoire légale et constitutionnelle qu’on ait publiée dans aucune contrée. Il a saisi les faits les plus intéressans avec beaucoup de justesse et de savoir ; simple et concis, il les resserre dans un petit espace : l’ordre chronologique qu’il a adopté place chacun d’eux sous sa véritable date ; et un index fait avec soin les rassemble sous des points de vue généraux. Cet ouvrage, quoique moins parfait lorsqu’il parut d’abord, a servi beaucoup au docteur Robertson, pour cette esquisse de main de maître où il trace jusqu’aux changemens qu’a subis le corps germanique dans les temps modernes. J’ai aussi consulté le Corpus Historiæ germanicæ de Struve, et avec d’autant plus de fruit, que cette volumineuse compilation rapporte à chaque page les textes originaux.