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eux, se laissèrent détruire, tandis que l’union des Allemands a produit, sous le nom d’empire, un grand système de confédération. Les diètes d’abord fréquentes et enfin perpétuelles, ont entretenu l’esprit national, et la législation générale de l’état est demeurée entre les mains des trois branches ou colléges des électeurs, des princes, des villes libres et impériales, 1o. On permit à sept des plus puissans feudataires d’exercer avec un nom et un rang particuliers, le privilége exclusif de choisir un empereur romain, et ces électeurs furent le roi de Bohême, le duc de Saxe, le margrave de Brandebourg, le comte palatin du Rhin, et les trois archevêques de Mayence, de Trèves et de Cologne, 2o. Le collége des princes et des prélats se débarrassa d’une multitude confusément assemblée ; ils réduisirent à quatre voix représentatives la longue suite des nobles indépendans, et ils exclurent les nobles ou les membres de l’ordre équestre qu’on avait vus, ainsi qu’en Pologne, au nombre de soixante mille à cheval, dans le champ de l’élection. 3o. Malgré l’orgueil de la naissance ou du pouvoir, malgré celui que donnent le glaive et la mitre, on eut la sagesse de faire des communes la troisième branche du pouvoir législatif, et les progrès de la civilisation les introduisirent à peu près à la même époque, dans les assemblées nationales de la France, de l’Angleterre et de l’Allemagne. La ligue anséatique maîtrisait le commerce et la navigation du Nord ; les confédérés du Rhin assuraient la paix et la communication de l’in-