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plaudissemens ou les clameurs du peuple romain approuvaient ou rejetaient leur choix ; mais après le suffrage du peuple, l’élection était encore imparfaite ; et pour sacrer légalement le pontife, il fallait que l’empereur, en qualité d’avocat de l’Église, eût déclaré son approbation et son consentement. Le commissaire impérial examinait, sur les lieux, la forme et la liberté de l’élection ; et ce n’était qu’après avoir bien approfondi les qualifications des électeurs, qu’il recevait le serment de fidélité, et qu’il confirmait les donations qui avaient enrichi successivement le patrimoine de saint Pierre. S’il survenait un schisme, et il en arrivait souvent, on se soumettait au jugement de l’empereur, qui, au milieu d’un synode d’évêques, osa juger, condamner et punir un pontife criminel. Le sénat et le peuple s’engagèrent, dans un traité avec Othon Ier, de choisir le candidat le plus agréable à sa majesté[1] : ses successeurs anticipèrent ou prévinrent leurs suffrages ; ils don-

    si fort relevés par Pierre Damien, sont tombés au niveau des autres membres du sacré collége.

  1. Firmiter jurantes, numquam se papam electuros aut ordinaturos, præter consensum et electionem Othonis et filii sui. (Luitprand, l. VI, c. 6, p. 472.) Cette importante concession peut suppléer ou confirmer le décret du clergé et du peuple de Rome, rejeté avec tant de hauteur par Baronius, Pagi et Muratori (A. D. 964), si bien défendu et si bien expliqué par Saint-Marc (Abrégé, t. II, p. 808-816 ; t. IV, p. 1167-1185). Cet historien critique doit être consulté, ainsi que les Annales de Muratori, sur l’élection et la confirmation de chaque pape.