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réponse[1] annonce sa faiblesse : il prouve avec assez d’érudition que, dans l’histoire sacrée et l’histoire profane, le nom de roi est synonyme du mot grec basileus : il ajoute que si, à Constantinople, on lui donne une acception plus exclusive et plus auguste, il tient, de ses ancêtres et du pape, le juste droit de participer aux honneurs de la pourpre romaine. La même dispute recommença sous le règne des Othon, et leur ambassadeur peint sous de vives couleurs l’insolence de la cour de Constantinople[2]. Les Grecs affectaient de mépriser la pauvreté et l’ignorance des Français et des Saxons ; et, réduits au dernier degré de l’abaissement, ils refusaient encore de prostituer aux rois de la Germanie le titre d’empereurs romains.

Autorité des empereurs dans l’élection des papes.

Les empereurs d’Occident continuaient à exercer, sur l’élection des papes, l’influence que s’étaient arrogée les princes goths et les empereurs grecs ; et l’importance de cette prérogative augmenta avec les

  1. Voyez cette lettre dans les Paralipomena de l’auteur anonyme de Salerne (Script. Ital., t. II, p. 243-254, c. 93-107), que Baronius (A. D. 871, nos 51-71) a pris par erreur pour Erchempert, lorsqu’il l’a copié dans les Annales.
  2. Ipse enim vos, non IMPERATORUM id est Βασιλεα SUA LINGUA, SED OB INDIGNATIONEM ρηγα, id est regem nostrâ vocabat. (Luitprand, in Legat. in script. Ital., t. II, part. I, p. 479.) Le pape avait exhorté Nicéphore, empereur des Grecs, à faire la paix avec Othon, auguste empereur des Romains. QUÆ INSCRIPTIO secundum Græcos peccatoria et temeraria… Imperatorem inquiunt, UNIVERSALEM, ROMANORUM, AUGUSTUM, MAGNUM, SOLUM, NICEPHORUM. (p. 486.)