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Transactions de l’empire d’Orient et de celui d’Occident.

Le nouveau titre de Charlemagne fut annoncé en Orient par le changement de son style ; le titre de père, qu’il accordait aux empereurs grecs, fit place au nom de frère, symbole d’égalité et de familiarité[1]. Peut-être, dans ses rapports avec Irène, aspirait-il au titre d’époux : ses ambassadeurs à Constantinople parlèrent le langage de la paix et de l’amitié ; et peut-être le but secret de leur mission fut-il de négocier un mariage avec cette princesse ambitieuse, qui avait abjuré tous ses devoirs de mère. Il est impossible de conjecturer quelles eussent été la nature, la durée et les suites d’une pareille union entre deux empires si éloignés et si étrangers l’un à l’autre ; mais le silence unanime des Latins doit faire penser que le bruit de cette négociation de mariage fut inventé par les ennemis d’Irène, afin de la charger du crime d’avoir voulu livrer l’Église et l’État aux peuples de l’Occident[2]. Les ambassadeurs de France furent

    Muratori, par exemple, sont plus scrupuleux et plus exacts, et ils ne comptent que les princes qui furent couronnés à Rome.

  1. Invidiam tamen suscepti nominis C. P. imperatoribus super hoc indignantibus magnâ tulit patientiâ, vicitque eorum contumaciam… Mittendo ad eos crebras legationes, et in epistolis fratres eos appellando. (Éginhard, c. 28, p. 128.) Ce fut peut-être à cause d’eux qu’à l’exemple d’Auguste il affecta quelque répugnance à recevoir l’empire.
  2. Théophane parle du couronnement et de l’onction de Charles Καρο‍υλλος (Chronograph., p. 309), et de son traité de mariage avec Irène (p. 402), qui est inconnu aux Latins.