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que Lothaire et Louis II furent associés à l’empire, on répéta la même cérémonie, mais d’une manière moins marquée : le sceptre carlovingien se transmit de père en fils durant quatre générations, et l’ambition des papes fut réduite à l’infructueux honneur de donner la couronne et l’onction royale à ces princes héréditaires, déjà revêtus du pouvoir et en possession de leurs états. [Louis-le-Pieux. A. D. 814-840.]Louis-le-Debonnaire survécut à ses frères, et réunit sous son sceptre tout l’empire de Charlemagne ; mais les peuples et les nobles, ses évêques et ses enfans, découvrirent bientôt que la même âme n’inspirait plus ce grand corps, et que les fondemens étaient minés au centre, tandis que la surface extérieure paraissait encore intacte et brillante. Après une guerre ou une bataille où périrent cent mille Français, un traité de partage divisa l’empire entre ses trois fils, qui avaient violé tous leurs devoirs de fils et de frères. Les royaumes de la Germanie et de la France furent sépares pour jamais ; [Lothaire Ier. A. D. 840-856.]Lothaire, à qui on donna le titre d’empereur, obtint les provinces de la Gaule situées entre le Rhône et les Alpes, la Meuse et le Rhin. Lorsque sa portion se partagea ensuite entre ses enfans, la Lorraine et Arles, deux petits royaumes établis depuis peu et dont l’existence fut de peu de durée, devinrent le

    sur la suite des princes Carlovingiens, les Historiens de France, d’Italie et d’Allemagne, Pfeffel, Schmidt, Velly, Muratori et même Voltaire, dont les tableaux sont quelquefois exacts et toujours agréables.