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manie écarta le voile qui avait si longtemps caché à l’Europe le continent ou les îles de la Scandinavie. Il réveilla la valeur endormie de ses barbares habitans. Ceux des idolâtres de la Saxe qui avaient le plus d’énergie échappèrent au joug de l’oppresseur chrétien, et cherchèrent un asile dans le Nord ; ils couvrirent de leurs corsaires l’Océan et la Méditerranée, et Charlemagne vit avec douleur les funestes progrès des Normands qui, moins de soixante-dix ans après, hâtèrent la chute de sa race et celle de sa monarchie.

Ses successeurs. A. D. 814-887 en Italie, 911 en Germanie, 987 en France.

Si le pape et les Romains avaient rétabli la constitution primitive, Charlemagne n’aurait joui que pendant sa vie des titres d’empereur et d’Auguste, et à chaque vacance, il aurait fallu qu’une élection formelle ou tacite plaçât sur le trône chacun de ses successeurs ; mais en associant à l’empire son fils Louis-le-Débonnaire, il établit ses droits indépendans comme monarque et comme conquérant ; et il paraît qu’en cette occasion, il aperçut et prévint les prétentions secrètes du clergé. [A. D. 813.]Il ordonna au jeune prince de prendre la couronne sur l’autel, de la placer lui-même sur sa tête comme un don qu’il tenait de Dieu, de son père et de la nation[1]. Ensuite lors-

    cieuse qu’il a faite de ses ennemis de la première et de la seconde enceinte (t. II, p. 184, 509, etc.).

  1. Thegan, le biographe de Louis, raconte ce couronnement ; et Baronius a eu la bonne foi de le transcrire (A. D. 813, no 13, etc. ; voyez Gaillard, t. II, p. 506, 507, 508), quoiqu’il soit bien contraire aux prétentions des papes. Voy.