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est plus récente ; mais on peut attribuer aux armes de ce prince la première réunion de la Bohême au corps germanique. [Hongrie.]5o. Il fit souffrir aux Avares ou Huns de la Pannonie les calamités dont ils avaient accablé les nations. Le triple effort d’une armée française qui entra dans leur pays par terre et par les fleuves, en traversant les monts Carpates, situés le long de la plaine du Danube, renversa les fortifications de bois qui environnaient leurs districts et leurs villages. Après une sanglante lutte qui dura huit ans, le massacre des plus nobles d’entre les leurs vengea la mort de quelques généraux français ; les restes de la nation se soumirent. La résidence royale du chagan fut dévastée et totalement détruite ; et les trésors amassés pendant deux siècles et demi de rapines enrichirent les troupes victorieuses ou ornèrent les églises de l’Italie et de la Gaule[1]. Après la réduction de la Pannonie, l’empire de Charlemagne ne se trouva plus borné que par le confluent du Danube, de la Teyss et de la Save ; il acquit sans peine et sans beaucoup d’avantages les provinces d’Istrie, de Liburnie et de Dalmatie ; et ce fut par un effet de sa modération qu’il laissa les Grecs possesseurs réels ou titulaires des villes maritimes ;

  1. Quot prælia in eo gesta ! quantum sanguinis effusum sit ! testatur vacua omni habitatione Pannonia, et locus in quo regia Cagani fuit ita desertus, ut ne vestigium quidem humanæ habitationis appareat. Tota in hoc bello Hunnorum nobilitas perüt, tota gloria decidit, omnis pecunia et congesti ex longo tempore thesauri direpti sunt.