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la vengeance d’un despote jaloux, et la révolution de l’Italie avait montré en même temps l’impuissance et la tyrannie de la cour de Byzance. Les empereurs grecs avaient rétabli les images, mais ils n’avaient pas rendu les domaines de la Calabre[1], ni le diocèse d’Illyrie[2], que les iconoclastes avaient enlevés aux successeurs de saint Pierre ; et le pape Adrien les menaça de l’excommunication, s’ils n’abjuraient pas cette hérésie pratique[3]. Les Grecs

  1. Théophane (p. 343) indique les domaines de la Sicile et de la Calabre, qui donnaient un revenu annuel de trois talens et demi d’or (peut-être sept mille livres sterl.). Luitprand fait une plus pompeuse énumération des patrimoines de l’Église romaine dans la Grèce, la Judée, la Perse, la Mésopotamie, la Babylonie et la Libye, injustement retenus par l’empereur Grec. (Legat. ad Nicephorem, in Script. rerum Ital., t. II, part. I, p. 481.)
  2. Il s’agit ici du grand diocèse de l’Illyrie orientale avec la Pouille, la Calabre et la Sicile. (Thomassin, Discip. de l’Égl., t. I, p. 145.) De l’aveu des Grecs, le patriarche de Constantinople avait détaché de Rome les métropolitains de Thessalonique, d’Athènes, de Corinthe, de Nicopolis et de Patras (Luc. Holsten., Géograph. sacra, p. 22) ; et ses conquêtes spirituelles s’étendaient jusqu’à Naples et Amalfi (Giannone, Istor. civ. di Napoli, t. I, p. 517-524 ; Pagi, A. D. 730, no 11).
  3. In hoc ostenditur, quia ex uno capitula ab errore reversis, in aliis duobus, in EODEM (était-ce le même ?) permaneant errore… de diocesi S. R. E. seu de patrimoniis iterum increpantes commonemus, ut si ea restituere noluerit, hæreticum cum pro hujus modi errore perseverantiâ décernemus. (Epist. Adriani papæ ad Carolum Magnum, in Concil.,