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le décret, lequel fut confirmé et ratifié par les acclamations et la signature de trois cent cinquante évêques. Ils déclarèrent, d’une voix unanime, que le culte des images est conforme a l’Écriture et à la raison, aux pères et aux conciles : mais ils hésitèrent lorsqu’on voulut déterminer si ce culte est relatif ou direct ; si la Divinité et la figure de Jésus-Christ sont susceptibles de la même forme d’adoration. Nous avons les actes de ce second concile de Nicée ; monument curieux de superstition et d’ignorance, de mensonge et de folie. Je rapporterai seulement le jugement des évêques sur le mérite comparatif du culte rendu aux images, et de la moralité dans les actions de la vie. Un moine était convenu d’une trêve avec le démon de la fornication, à condition qu’il cesserait de faire ses prières de chaque jour devant une image suspendue aux murs de sa cellule. Ses scrupules le déterminèrent à prendre l’avis de son abbé. « Il vaudrait mieux, lui répondit le casuiste, entrer dans tous les mauvais lieux et voir toutes les prostituées de la ville, que de vous abstenir d’adorer Jésus-Christ et sa mère dans leurs saintes images[1]. »

Établissement définitif des images par l’impératrice Théodora. A. D. 841.

Il est malheureux pour l’honneur de l’orthodoxie,

  1. Συμεφερει δε σοι μη καταλιπειν εν τῃ ϖολει ταυτῃ πορνειον εις ο μη εισελθης, η ινα αρνηση το πῤοσκυνειν τον κυριον ημων και θεον Ιηοο‍υν Χριςον μετα της ιδιας αντο‍υ μητρος εν εικονι. Ces visites ne pouvaient pas être innocentes, puisque le Δαιμων πορνειας (le démon de la fornication) επολεμει δε αυτον… εν μια ο‍υν ως επεκειτο αντῳ σφοδρα, Actio, IV, p. 109 ; Actio V, p. 1031.