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moines et des femmes remporta une victoire décisive sur la raison et l’autorité. Léon IV soutint, quoique avec moins de rigueur, la religion de son père et de son aïeul ; mais sa femme, la belle et ambitieuse Irène, était imbue du fanatisme des Athéniens, héritiers de l’idolâtrie plutôt que de la philosophie de leurs ancêtres. Pendant la vie de son mari, ces dispositions ne purent qu’acquérir plus de force par les dangers auxquels elles exposaient, et la dissimulation qui en fut la suite ; elle put seulement travailler à protéger et avancer quelques moines favoris qu’elle tira de leurs cavernes, et qu’elle plaça sur les trônes métropolitains de l’Orient ; mais, du moment où elle commença à régner en son nom et en celui de son fils, elle s’occupa plus sérieusement de la ruine des iconoclastes ; et c’est par un édit général en faveur de la liberté de conscience, qu’elle prépara la persécution. En rétablissant les moines, elle exposa des milliers d’images à la vénération publique ; alors on inventa mille légendes sur leurs souffrances et leurs miracles. Un évêque mort ou déposé était aussitôt remplacé par des hommes animés des mêmes vues qu’elle. Ceux qui recherchaient avec le plus d’ardeur les faveurs temporelles ou célestes, allaient au-devant du choix de leur souveraine, qu’ils ne manquaient pas d’approuver ; et la promotion de Tarasius, son secrétaire, au rang de patriarche de Constantinople, la rendit maîtresse de l’Église d’Orient ; mais les décrets d’un concile général ne pouvaient être révoqués