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de Ravenne, de Bologne et de Ferrare ; il faut y joindre la Pentapole, qui s’étendait le long de la mer Adriatique, depuis Rimini jusqu’à Ancône, et qui s’avançait dans l’intérieur du pays jusqu’aux chaînes de l’Apennin. On a beaucoup blâmé l’ambition et l’avarice des papes dans cette opération. L’humilité d’un prêtre chrétien aurait dû peut-être refuser un royaume terrestre qu’il ne pouvait gouverner aisément sans renoncer aux vertus de son état. Un sujet fidèle ou même un ennemi généreux aurait peut-être dû montrer moins d’ardeur à partager les dépouilles du prince barbare ; et si l’empereur avait chargé Étienne de solliciter en son nom la restitution de l’exarchat, je n’absoudrais pas le pape du reproche de perfidie et de fausseté ; mais à suivre les lois bien exactement, chacun peut sans offense accepter ce qu’un bienfaiteur peut lui donner sans injustice. L’empereur grec avait abandonné ou perdu ses droits sur l’exarchat, et le glaive d’Astolphe se trouvait brisé par le glaive plus fort du Carlovingien. Ce n’était pas pour défendre la cause de l’iconoclaste que Pépin avait exposé sa personne et son armée aux dangers de deux expéditions au-delà des Alpes ; il possédait légalement ses conquêtes, et il pouvait les aliéner d’une manière légale : il répondit pieusement aux importunités des Grecs qu’aucune considération humaine ne le déterminerait à reprendre un don qu’il avait fait au pontife de Rome pour la rémission de ses péchés et le salut de son âme. Il avait donné l’exarchat en toute souveraineté ; et le monde