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du Danube et de l’Euphrate, et Rome se trouvait réduite à son ancien territoire, comprenant le pays qui s’étend de Viterbe à Terracine, et de Narni à l’embouchure du Tibre[1]. Après l’expulsion des rois, la république reposa sur la solide base qu’avaient établie leur sagesse et leur vertu. Leur juridiction perpétuelle se partagea à deux magistrats qu’on élisait tous les ans ; le sénat demeura revêtu de la puissance administrative et délibérative ; et les assemblées du peuple exercèrent le pouvoir législatif, distribué entre les différentes classes, dans une proportion bien calculée d’après la fortune et les services de chacun. Les premiers Romains, étrangers aux arts de luxe, avaient perfectionné la science du gouvernement et celle de la guerre : les droits des individus étaient sacrés ; la volonté de la communauté était absolue ; cent trente mille citoyens se trouvaient armés pour défendre leur pays, ou pour l’étendre par des conquêtes ; une troupe de voleurs et de proscrits était devenue une nation digne de la liberté, et enflammée de l’amour de la gloire[2].

  1. J’ai indiqué l’étendue du duché de Rome d’après les cartes, et j’ai fait usage des cartes d’après l’excellente Dissertation du père Beretti (Chorographia Italiæ medii ævi, sect. 20, p. 216-232). Au reste, je dois observer que Viterbe a été fondée par les Lombards (p. 211), et que les Grecs s’étaient emparés de Terracine.
  2. On lira avec plaisir dans le Discours préliminaire de la République romaine, par M. de Beaufort (t. I), les détails concernant l’étendue, la population, etc., du royaume