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imperceptible demeurait cachée sous la cendre de la controverse ; les préjugés et la passion en firent bientôt sortir une flamme dévorante, et les disputes des sectes d’Orient, sur les expressions[1] dont elles se servaient dans l’exposition de leur dogmes, ébranlèrent les fondemens de l’Église et de l’état.

Saint Cyrille, patriarche d’Alexandrie. A. D. 412. Oct. 18. A. D. 444. Juin 27.

Le nom de Cyrille d’Alexandrie est fameux dans l’histoire de la controverse, et son titre de saint annonce que ses opinions et son parti finirent par triompher. Élevé dans la maison de l’archevêque Théophile son oncle, il avait contracté dans cette éducation orthodoxe l’habitude du zèle, l’amour de la domination, et avait employé d’une manière utile cinq années de sa jeunesse dans les monastères de la Nitrie, voisins de sa résidence. Sous la tutelle de l’abbé Sérapion, il s’était adonné aux études ecclésiastiques avec une ardeur si infatigable, que dans une nuit il lut les quatre Évangiles, les Épîtres catholiques, et l’Épître aux Romains. Il détestait Origène, mais il parcourait sans cesse les écrits de

  1. Deux prélats de l’Orient, Grégoire Abulpharage, primat jacobite de cette partie du monde, et Élie, métropolitain de Damas, attaché à la secte de Nestorius (voyez Asseman., Bibl. orient., t. II, p. 291 ; t. III, p. 514, etc.), avouent que les melchites, les jacobites, les nestoriens, etc., étaient d’accord sur la doctrine ; et ne différaient que sur l’expression. Basnage, Le Clerc, Beausobre, La Croze, Mosheim et Jablonski, inclinent vers cette opinion charitable ; mais le zèle de Pétau est véhément et plein de colère, et Dupin ose à peine laisser entrevoir sa modération.