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approuver son délit. Ces défenseurs de la couronne et de la tiare jugent de la vérité des faits d’après la règle de l’équité, les ouvrages qui nous restent, et la tradition ; et ils en appellent[1] au témoignage des Latins, aux vies[2] et aux épîtres des papes eux-mêmes.

    (Istoria civ. di Napoli, t. I, p. 317-320), disciple de l’Église gallicane. Dans les controverses je plains toujours le parti modéré qui se tient à découvert au milieu des combattans, et exposé au feu des deux partis.

  1. Ils en appellent à Paul Warnefrid ou le Diacre (De gestis Langobard., l. VI, c. 49, p. 506, 507 ; in script. Ital., Muratori, t. I, part. I), et à l’Anastase supposé (De vit. pont., in Muratori, t. III, part. I), à Grégoire IX (p. 154), à Grégoire III (p. 158), à Zacharie (p. 161), à Étienne II (p. 165), à Paul (p. 172), à Étienne IV (p. 174), à Adrien (p. 179), à Léon III (p. 175). Mais je remarquerai que le véritable Anastase (Hist. ecclés., p. 134, édit. Reg.) et l’auteur de l’Historia Miscella (l. XXI, p. 151, in t. I, script. Ital.), tous deux écrivains du cinquième siècle, traduisent et approuvent le texte grec de Théophane.
  2. À de petites différences près, les critiques les plus savans, Lucas Holstenius, Schelestrate, Ciampini, Bianchini, Muratori (Prolegomena, ad t. III, part. I.), conviennent que le Liber pontificalis a été composé d’abord et continué ensuite par les bibliothécaires et les notaires apostoliques des huitième et neuvième siècles ; et que la dernière partie, la moins considérable, est seule l’ouvrage d’Anastase, dont il porte le nom. Le style en est barbare, la narration pleine de partialité ; les détails sont minutieux : cependant on doit le lire comme un monument curieux et authentique sur le siècle dont nous parlons