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voirs, et lui proposa, pour modèle, le roi juif qui avait brisé le serpent d’airain. Un second édit ordonna non-seulement l’enlèvement, mais la destruction des tableaux religieux. Constantinople et les provinces furent purifiées de toute espèce d’idolâtrie : les images de Jésus-Christ, de la mère de Dieu et des saints, furent détruites, et on revêtit d’une légère couche de plâtre les murailles des édifices. La secte des iconoclastes eut pour appui le zèle et le pouvoir despotique de six empereurs, et durant cent vingt années, l’Orient et l’Occident retentirent de cette bruyante querelle. Léon l’Isaurien voulait faire de la proscription des images un article de foi sanctionné par l’autorité d’un concile général ; mais ce concile ne fut assemblé que sous son fils Constantin, et quoique le fanatisme de la secte triomphante l’ait représenté comme une assemblée d’imbécilles et d’athées[1], ce qui nous resté de ses actes, dans quelques fragmens mutilés, laisse apercevoir de la raison et de la piété. [Le concile de Constantinople. A. D. 754.]Les discussions et les décrets

  1. Comme on le voit par ces fleurs de réthorique Συνοδον παρανομον και αθεον : on a traité les évêques de τοις ματαιοφροσιν. Damascène appelle ce concile ακυρος και αδεκτος (Opera, t. I, p. 623). Spanheim a fait avec autant d’esprit que de bonne foi l’apologie du concile de Constantinople (p. 171, etc.) ; il a employé les matériaux que lui ont offerts les Actes du concile de Nicée (p. 1046, etc.). Le spirituel Jean de Damas, dit επισκωτο‍υς, au lieu d’επισκοπο‍υς ; il donne aux évêques le nom de κοιλιοδο‍υλο‍υς, esclaves de leur ventre, etc. (Opera, t. I, p. 306).