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roès Nushirwan fut le premier miracle qu’on lui attribua : bientôt on le révéra comme un gage qui, d’après la promesse de Dieu, garantissait Édesse contre les armes de tout ennemi étranger. Il est vrai que le texte de Procope attribue la délivrance d’Édesse à la richesse et à la valeur des citoyens, qui achetèrent l’absence du monarque persan, et repoussèrent ses attaques ; il ne se doutait pas, ce profane historien, du témoignage qu’on le force de rendre dans l’ouvrage ecclésiastique d’Evagrius, où Procope assure que le Palladium fut exposé sur les murs de la ville, et que l’eau lancée sur la sainte face, allumait, au lieu de les éteindre, les flammes jetées par les assiégés. Après cet important service, on conserva l’image d’Édesse avec beaucoup de respect et de reconnaissance ; et si les Arméniens ne voulurent point admettre la légende, les Grecs plus crédules adorèrent cette représentation de la figure du Sauveur du monde, qui n’était pas l’ouvrage d’un mortel, mais une production immédiate du divin original. Le style et les idées d’un hymne chanté par les sujets de Byzance, montreront en quoi le culte rendu par eux aux images s’éloignait du système grossier des idolâtres. « Avec des yeux mortels, comment pourrons-nous regarder cette image dont les saints qui sont au ciel n’osent pas envisager la céleste splendeur ? Celui qui habite les cieux daigne nous honorer aujourd’hui de sa visite par une empreinte digne de nos respects : celui qui est assis au-dessus des chérubins, vient se présenter aujourd’hui à notre adoration dans