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cursions multipliées dans la province romaine de Trébisonde ; à chaque incursion il rapportait une quantité considérable de dépouilles, et ramenait beaucoup de captifs chrétiens. Dans le récit de ses aventures, il aimait à se comparer à David, qui par un long exil sut échapper aux pièges des médians ; mais le prophète roi, osait-il ajouter, borna ses soins à rôder sur la frontière de la Judée, à tuer un Amalécite, et à menacer dans sa triste position les jours de l’avide Nabal. Les excursions d’Andronic avaient été plus étendues ; il avait répandu dans tout l’Orient la gloire de son nom et de sa religion. Un décret de l’Église grecque, en punition de sa vie errante et de sa conduite licencieuse, l’avait séparé de la communion des fidèles, et cette excommunication même prouve qu’il n’abjura jamais le christianisme.

Il avait éludé ou repoussé toutes les tentatives, soit ouvertes, soit cachées, qu’avait faites l’empereur pour se rendre maître de lui. La captivité de sa maîtresse l’attira enfin dans le piège. Le gouverneur de Trébisonde vint à bout de surprendre et d’enlever Théodora ; la reine de Jérusalem et ses deux enfans furent envoyés à Jérusalem, et dès lors Andronic trouva sa vie errante bien pénible. Il implora son pardon et l’obtint : on lui permit, de plus, de venir se jeter aux pieds de son souverain, qui se contenta de la soumission de cet esprit hautain. Prosterné la face contre terre, il déplora ses rebellions avec des larmes et des gémissemens ; il déclara qu’il ne se