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sur la promesse d’un traitement honorable ; mais ses ennemis, dépourvus de bonne foi et d’humanité, le privèrent de la vue ; et, ne daignant pas même étancher le sang qui coulait de ses plaies, ils le laissèrent s’y corrompre, en sorte qu’il fut bientôt délivré des misères de la vie. Sous le triple règne de la maison de Ducas, les deux frères cadets furent réduits aux vains honneurs de la pourpre ; l’aîné, le pusillanime Michel, était incapable de soutenir le sceptre de l’empire ; et son surnom de Parapinace annonça le reproche qu’on lui faisait, et qu’il partageait avec un de ses avides favoris, d’avoir augmenté le prix du blé et d’en avoir diminué la mesure. Le fils d’Eudoxie fit dans l’école de Psellus, et d’après l’exemple de sa mère, quelques progrès dans l’étude de la philosophie et de la rhétorique ; mais son caractère fut dégradé plutôt qu’ennobli par les vertus d’un moine et le savoir d’un sophiste. Deux généraux, encouragés par le mépris que leur inspirait l’empereur et la bonne opinion qu’ils avaient d’eux-mêmes, se trouvant à la tête des légions de l’Europe et de l’Asie, prirent la pourpre à Andrinople et à Nicée ; ils se révoltèrent dans le même mois ; ils portaient le même nom de Nicéphore, mais on les distinguait par les surnoms de Bryennius et de Botaniate. Le premier était alors dans toute la maturité de la sagesse et du courage ; le second n’était recommandable que par des exploits passés. Tandis que Botaniate s’avançait avec circonspection et avec lenteur, son compétiteur, plus actif, était en armes devant les murs de Constantinople.