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parut occupé que du soin d’assurer aux dépens de la république le pouvoir et la fortune de ses enfans. Michel VII, Andronic Ier et Constantin XII, ses trois fils, obtinrent en bas âge le titre d’Auguste ; la mort de leur père, qui arriva bientôt après, leur laissa l’empire à partager. [Eudoxie. A. D. 1067. Mai.]En mourant, il confia l’administration de l’état à Eudoxie sa femme ; mais l’expérience lui avait appris qu’il devait protéger ses fils contre les dangers d’un second mariage ; Eudoxie promit de ne point se remarier ; et cet engagement solennel, attesté par les principaux sénateurs, fut déposé entre les mains du patriarche. Sept mois n’étaient pas écoulés, lorsque les besoins d’Eudoxie ou ceux de l’état parlèrent fortement en faveur des mâles vertus d’un soldat : son cœur avait déjà choisi Romain Diogène, qu’elle fit passer de l’échafaud sur le trône. La découverte d’un complot criminel l’exposait à toute la rigueur des lois ; sa beauté et sa valeur le justifièrent aux yeux de l’impératrice ; elle le condamna d’abord à un exil peu fâcheux, et le second jour elle le rappela pour le mettre à la tête des armées de l’Orient. Le public ne savait pas alors qu’elle lui destinait la couronne ; et un de ses émissaires sut profiter de l’ambition du patriarche Xiphilin, pour tirer de ses mains l’écrit qui aurait dévoilé à tous les yeux la mauvaise foi et la légèreté de l’impératrice. Xiphilin réclama d’abord la sainteté des sermens et le respect sacré qu’on doit aux dépôts ; mais on lui fit entendre que c’était son frère dont Eudoxie voulait faire un empereur ; alors ses scrupules se relâ-