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lustre Manuel, qui, sous le règne de Basile II, contribua, par ses batailles et ses négociations, à apaiser les troubles de l’Orient. Il laissa deux fils en bas âge, Isaac et Jean, qu’avec la confiance du mérite il légua à la reconnaissance et à la faveur du souverain. Ces nobles jeunes gens furent instruits avec soin dans tout ce qu’enseignaient les moines, dans les arts du palais et les exercices de la guerre ; et, après avoir servi dans les gardes, ils parvinrent bientôt au commandement des armées et des provinces. Leur union fraternelle doubla la force et la réputation des Comnène. Ils ajoutèrent à l’éclat de leur ancienne famille, en épousant, l’un une princesse de Bulgarie qui se trouvait captive, et l’autre la fille d’un patricien surnommé Caron, à cause du grand nombre d’ennemis qu’il avait envoyés aux enfers. Les troupes avaient servi malgré elles, bien qu’avec fidélité, une suite d’empereurs efféminés. L’élévation de Michel VI était un outrage pour des généraux plus habiles que lui ; la parcimonie de ce prince et l’insolence des eunuques augmentaient leur mécontentement. Ils s’assemblèrent en secret dans l’église de Sainte-Sophie ; et les suffrages de ce synode militaire se seraient réunis en faveur de Catacalon, vieux et vaillant guerrier, si, par un sentiment de patriotisme ou de modestie, ce respectable vétéran ne leur avait rappelé que la naissance doit accompagner le mérite de celui qu’on veut placer sur le trône. Isaac Comnène réunit toutes les voix. Les conjurés se séparèrent sans délai, et se rendirent dans les